Le Réservoir à souvenirs a pour vocation de “ré-enchanter” l’âme des quartiers, d’en révéler ses charmes et ses spécificités. En fédérant les habitants autour de ce projet par l’échange et le partage intergénérationnel, nous créons une dynamique collective génératrice de lien social. “Aimer son quartier, c’est mieux l’habiter !” C’est sur ces mots que le Réservoir à souvenirs s’est déployé dans le quartier des Buers et de Croix de Luizet à Villeurbanne.
Deux résidences de 4 jours ont été rythmés par des prises de RDV, des micro-trottoirs, des enregistrements spontanés… Les habitants se sont prêtés au jeu et nous ont fait part de leurs souvenirs, ancrés dans leurs mémoires ou collectés, comme des cartes et des photos.
Suite à nos deux résidences sur le terrain, nous avons collecté un ensemble de souvenirs personnels et parfois collectifs. D’autres éléments en lien avec la mémoire ont aussi été collectés. Vous pouvez retrouver l’intégralité de ces éléments nos deux dossiers.
Vous connaissez les Buers, ce quartier de Villeurbanne ? Vous y avez grandi, habité ? Oui, alors racontez vos souvenirs dans cette collection ! Retrouvez les souvenirs récoltés lors de nos deux résidences.
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Fait par étrangeordinaire
À Villeurbanne, le 16 juillet 2014
Raconté par : Youssef
À Villeurbanne, le 7 avril 1994
Raconté par : Le jardinier
À Villeurbanne, le 29 mai 1962
Raconté par : Mme Picou
À Villeurbanne, le 5 mars 1965
Raconté par : Alain
À Villeurbanne, le 4 août 1950
Raconté par : Dalila
À Villeurbanne, le 15 juin 1966
Raconté par : Patrick
À Villeurbanne, le 15 août 1955
Raconté par : Walid
À Villeurbanne, le 3 juin 1972
Raconté par : Nordine
À Villeurbanne, le 8 septembre 1966
Raconté par : Alain
À Villeurbanne, le 19 mai 1966
Raconté par : Patrick
À Villeurbanne, le 18 juillet 2007
Raconté par : Nils
À Villeurbanne, le 13 juillet 1974
Raconté par : Mme Picou
À Villeurbanne, le 16 juin 1967
Raconté par : Patrick
À Villeurbanne, le 17 octobre 1962
Raconté par : Dalila
À À Villeurbanne, le 13 mars 2015
Raconté par : Messaoud
À Villeurbanne, le 13 février 1965
Raconté par : Alain
À Villeurbanne, le 14 juin 2018
Raconté par : La fille de 26 ans
Y’avait deux collines au niveau du terrain de foot avec des petits tonneaux et on avait l’habitude de s’asseoir là, de jouer là. Y’avait aussi un arbre avec des prunes du coup on grimpait dans l’arbre pour manger les prunes ! Et puis, ils ont décidé de casser les collines, on était tous au bout de notre vie. Ils ont rasé les collines et ils ont fait un terrain tout plat, c’était y’a longtemps. Je devais avoir 13 ans je pense, sachant que je vais avoir 26 ans, c’était y’a longtemps! J’étais pas contente parce que quand j’étais petite, vers 5-6 ans j’avais une copine qui m’avait arrachée ma chaîne en or et elle l’avait jetée dans les collines. En fait, au centre y’avait un tonneau en béton avec un trou et on peut pas y accéder, et elle avait lancé ma chaîne en or dedans. J’ai pas pu la récupérer. Quand ils les ont détruites, je me suis dit, vas y je vais l’a chercher mais c’était impossible avec les décombres et tout ça. Mais c’est dommage, c’était mieux avec les collines
À Villeurbanne, le 10 mai 2006
Raconté par : La fille de 26 ans
J’avais un collègue qui jouait à l’Asvel, moi je jouais à la Cro, la Croix-Rousse à Lyon et de là on a fusionné, on s’est dit pourquoi pas faire une section de basket aux Buers, parce qu’il n’y avait rien du tout. On jouait sur le petit terrain au bout là-bas entre la Boube et le 41-43. On avait pas de vestiaire et les vestiaires c’était les caves. En 1974, j’avais tout juste 18 ans, j’étais dans une équipe senior, et petit à petit avec le bouche à oreille, on a formé une équipe. Il y avait Cachou, René, Tonynette et moi Bambuck, c’était mon surnom parce je courais très vite. Il y avait Jeannot Deville, Patrick Sonier, Bertolino. Le président à l’époque tenait une agence interim donc on était déjà sponsorisé, ils avaient déjà fait les premiers jeux de maillots, en jaune et bleu. Jaune et bleu par rapport aux bâtiments qui étaient de ces couleurs !
Je me souviens pour la coupe du monde 2006 dans le carré de sable pour la finale je rentrais du travail et je vois les gens dans le carré de sable avec le barbecue. Les voisins ils ont mis la télé dehors avec la rallonge et on l’a regardé ensemble. Il y avait d’un côté les drapeaux Français et de l’autre les drapeaux Italiens. C’est là que j’ai bien vu que ici c’est le quartier Italien !
À Villeurbanne, le 9 juillet 2006
Raconté par : Saad
Le quartier fantôme je l’appelle moi maintenant, il n’y a plus rien, plus de vie. En plus quand on voit les plaques de métal qu’ils mettent, ça fait peur. C’était nos voisins qui habitaient là, maintenant on voit les plaques de métal sur les fenêtres, les balcons et sur les boites aux lettres, ça m’a fait un pincement au cœur. Moi la première fois que j’ai vu ça, ça m’a fait penser à un cercueil, c’est morbide.
À Villeurbanne, le 16 mai 2018
Raconté par : Samia
Tout le monde connaît le petit chemin. Tu vois là-bas y’a des poubelles, tout au fond, y’a un petit chemin étroit et on s’amusait à faire peur aux gens. Quand ils sortaient, on leur faisait Bouh. Même les papas, ils nous faisaient peur. Quand on sortait du petit chemin, ils se cachaient et ils nous faisaient, Bouh !!
Je suis Arshak, nationalité Arménien, Français, Américaine et Russe. 4 nationalités différentes, 4 langues différentes que je parle. Je suis né en Arménie, naturalisé français. Quand j’ai été jeune, je jouais la carte verte. Quand j’étais étudiant en Russie, j’ai gagné la green card. J’ai été aux États-Unis, j’ai appris l’histoire. Quand j’ai fait mes études pendant 10 ans en Russie, j’ai demandé ma nationalité Russe et puis voilà. Ma mère elle habite à Los Angeles, mon père il habite en Arménie, ma soeur aussi. Je suis la seule personne qui habite en France. 17, Croix-Luizet, dernière allée
À Villeurbanne, le 3 avril 2019
Raconté par : Arshak
Il y a même un gars qui est musicien, c’est un collègue, Jackie Perez, ancien facteur, il est du quartier. Un jour, il vient Dick Rivers, au palais d’hiver et l’avion a du retard. Les musiciens et leurs instruments bloqués. Lui jouant en première partie au palais d’hiver, il s’est retrouvé à accompagner Dick Rivers !
À Villeurbanne, le 4 décembre 1965
Raconté par : Nils
Avant j’habitais au 43, rue du 8 Mai. J’ai eu un appartement au 2 et après j’ai rencontré ma femme donc il me fallait plus grand. On m’a proposé au 4 de la Boube, 1er étage et l’appartement c’était celui des parents de mon collègue et ce collègue quand on était jeune on venait chez lui et on écoutait les vinyls. Cette chambre est devenue ma chambre à moi avec ma femme donc ce qui a fait un peu bizarre. Quand on a enlevé la tapisserie, on a retrouvé des dessins qu’il avait fait sur le plâtre. C’était des fleurs de lys, des trucs comme ça. Il aimait bien dessiner. Les gens du 4e étage, leur fils, qui faisait partie de la bande est devenu mon beau frère.
À Villeurbanne, le 23 octobre 1969
Raconté par : Alain
C’était juste derrière chez nous, devant le 45 ou 48 de la rue du 8 Mai. Quand ils ont fait les premières plantations, y’avait un tout petit petit sapin que notre gardien, Mr Bertolino, avait décoré de lumières bien tapantes et maintenant il dépasse les maisons de je ne sais combien de mètres. Souvent, quand je le vois, j’y pense.
À Villeurbanne, le 19 décembre 1957
Raconté par : Daniel Picou
Il avait sa fromagerie. Une petite moto avec devant un triporteur et il se garait à l’angle de la rue Emile Bouvier. Il sifflait et je descendais avec mes gros saladiers pour aller chercher mes fromages blancs. Il le faisait en faisselle et puis à la louche. Avec ma petite bouteille de lait en verre, il me mettait la crème.
Raconté par : Nordine
Pour nous, la Boube et le quartier italiens, c’est pareil, ça se touche. On se connaît tous et après ils ont mis ce mur, on était pas d’accord. Mais l’éducateur il a dit on va pas laisser ça en ciment alors tous les gamins ont dessiné dessus. Nous, on avait cassé un ou deux machins pour passer à travers et ils sont pas revenus pour le changer parce qu’ils savaient que le lendemain, ça allait recommencer. On a fait un passage comme dans le film Don Camillo ! On passait tous par-là, ça évite de faire tout le tour
À Villeurbanne, le 8 avril 1950
Raconté par : Nordine
Mon voisin de palier, il avait acheté un accordéon, qui coûtait très très cher à ce qui paraît (mais il ne marchait même pas). Il se mettait sur le balcon, mettait une cassette d’accordéon sur son poste, il le cachait sous le siège et le mettait à fond… Et les gens croyaient que c’était un pro de l’accordéon ! C’était extraordinaire ! Il était content !
À Villeurbanne, le 8 juin 1978
Raconté par : Patrick
Là le boulevard de ceinture, on traversait à pieds et y’avait des prostituées tout le long et des fois elles nous demandaient si on pouvait aller leur acheter des cigarettes donc on y allait. Un jour, comme on était à l’armée, on avait ramené des grenades au plâtre avec lesquelles on s’entraînait. Elles étaient bleues et quand elles explosaient c’était comme si là je vous jetais un sac de farine à la figure ! Alors pour embêter les filles, on dégoupillait des grenades et les jetait à côté d’elles…
À Villeurbanne, le 1 avril 1967
Raconté par : Alain
L’été dernier, on était au quartier et une idée soudaine nous est venue à la tête, c’était d’ouvrir les bouches à incendie. On a pris une clé à molette, on a ouvert la bouche à incendie, ça a fait des gros dégâts mais c’est pas grave. Après on a laissé coulé l’eau, c’était bien pendant à peu près une heure, on a bien joué. Ensuite les pompiers sont venu, ils l’ont fermé, on l’a ré-ouvert après ils sont revenu mais après ils l’ont bloqué donc on peu plus l’ouvrir mais c’est pas grave, c’était un bon moment.
À Villeurbanne, le 17 juin 2017
Raconté par : Kama
À Villeurbanne, le 4 mai 1975
Raconté par : Nordine
À Villeurbanne, le 14 octobre 1973
Raconté par : Dalila